Comment vouloir un deuxième bébé après une grossesse compliquée ? Est-ce que tu as peur que cette grossesse se passe mal également ? Quelles sont tes angoisses pour cette grossesse ? Est-ce que ce deuxième bébé était voulu ?
Toutes ces questions m’ont été posés à l’annonce de ma seconde grossesse. Tout d’abord nous avons toujours voulu deux enfants rapprochés. Il faut savoir qu’après une césarienne il est conseillé d’attendre minimum 1 an avant d’entamer une prochaine grossesse.
Suite à la naissance d’Eloan, un vide s’est créé en moi. Je venais de vivre la meilleure période de ma vie en étant enceinte, mais cela n’a duré que 6 mois et demi. J’avais un goût d’inachevé. Alors cette envie de retomber enceinte est arrivée très rapidement, malgré moi. Et pourtant nous ne pouvions pas nous le permettre pour pleins de raisons évidentes, comme notre situation, la césarienne mais aussi car je voulais profiter d’Eloan après tout ce que nous avions vécu.
Alors j’ai attendu, en mettant mes envies de côtés, sans pour autant les oublier totalement.
En décembre, j’ai effectué un test de grossesse après avoir constaté un retard dans mon cycle. Il s’est avéré négatif. L’excitation a alors laisser place à la déception. Bien que nous n’étions pas réellement en essai pour le deuxième. Alors après en avoir parlé avec mon chéri, j’ai arrêté ma pilule. Et nous verrons bien ce qu’il advient. Jusqu’au mois de Mars nous n’avons pas vraiment tout fait pour avoir un deuxième bébé. Puis après une grande discussion nous avons conclu que ça y est, nous sommes vraiment prêt à accueillir un nouveau bébé au sein de notre famille.
C’est alors avec une joie immense que, le 31 mars, nous apprenons que notre bébé était niché au creux de moi.
Est-ce que je suis angoissée par rapport à ma première grossesse ? Non. Je pars du fait que rien ne sert d’angoisser à ce stade. Au contraire, plus je stresse, plus le bébé le ressent. Si je pensais que ça allait se reproduire alors je n’aurais jamais fait d’autres enfants. Alors je positive et profite à fond de ce début de grossesse.
Pourtant, bien sûr que cette première expérience m’a marqué. Je sais désormais que » ça n’arrive pas qu’aux autres ». Alors oui, j’ai cette appréhension avant mes échographies, que je n’avais pas lors de ma précédente grossesse. Oui je profite de chaque moments comme si elle pouvait s’arrêter à tout moment. Mais je ne veux pas vivre cette période de bonheur dans la peur constante.
De retour à l’hôpital, dans ce service que je connais si bien maintenant. Après une journée entière aux urgences, j’ai été réadmis au service des grossesses à hauts risques. Mais cette fois, j’y resterais jusqu’au bout. Lorsque je sortirais de cet hôpital, tu seras né mon bébé. J’ai beaucoup mieux vécu cette seconde hospitalisation, es-ce le fait de savoir que j’allais rester jusqu’à la fin ? Je ne sais pas mais cela fait du bien de lâcher prise et juste de te faire confiance.
Ce séjour se résumait à 2 monitoring par jour, 1 échographie 2 fois par semaines et beaucoup d’attentes. Nous savions que tu pouvais arriver à n’importe quel moment, chaque jour à mon réveil je me disais que cela pouvait être le grand jour. Tout en espérant pouvoir tenir un jour de plus.
Puis vient ce jour où tu nous fait ta première frayeur. Ton papi était venu me rendre visite, ton papa était là aussi. C’était l’heure du monitoring de l’après-midi. Tout commence bien puis un premier ralentissement cardiaque. Suivi d’un deuxième. Je connaissait ton rythme par cœur, et je savais que ce n’était pas normal. J’appelle alors la sage-femme. Je la vois décrypter ton rythme, elle ne dit rien mais je connais que trop bien cet air. Celui qui veut dire que quelque chose ne va pas. Suivi d’un » je vais appeler un médecin, je reviens tout de suite. » Je ne cède pas à la panique, je m’étais préparée à ce que l’on me dise que c’était le moment. Ton papa était très calme, ton papi ne disait rien mais le connaissant je savais qu’il n’étais pas vraiment à l’aise. Ce que je pouvais comprendre. La sage-femme revient avec un médecin, après de longues minutes d’attentes à essayer de déchiffrer leurs expressions, la nouvelle tombe. Je vais descendre en salle de naissance. Mais cela ne veut pas dire que je vais accoucher aujourd’hui, nous allons continuer le monitoring et tout en m’injectant je ne sais plus qu’elle produit. A ce moment-là une armée d’infirmières rappliquent dans ma chambre et me triturent un peu de tous les côtés. Puis ils m’emmènent au niveau -1 afin de m’installer en salle de naissance.
Papi est parti, papa est toujours à nos côtés. Maman n’a pas le droit de manger. Le monitoring en place, tout se passe bien. Je reste quand même la nuit en bas et on me remonte dans ma chambre le lendemain.
Les journées continuent de passer et tu fais un peu plus de ralentissements chaque jour. On me redescends en salle de naissance toute une journée. Mais on me remonte une fois encore. Nous sommes maintenant passé à 3 monitorings par jour.
Puis un vendredi matin, au premier monitoring, tu refais des petites frayeurs. Jamais deux sans trois comme on dit, on redescend en salle de naissance. Je préviens papa, tout en lui disant de ne pas s’inquiéter, que c’était sûrement rien, comme les autres fois. Mais il tient à être là et pars du boulot pour nous rejoindre au plus vite.
De mon côté j’attends. Je n’ai pas le droit de manger et j’ai du mal à dormir. Alors je regarde des vidéos et attends tranquillement. Quand ton papa arrive enfin, vers 11h. Toujours pas de nouvelles du personnel médical.
Ce qui est marrant c’est que nous sommes dans la salle de naissance nommé « Bali », là où nous étions lors de ma grossesse. Un signe ?
A 15h, toujours pas de nouvelles, moi je n’ai toujours pas mangé et je n’en peux plus de cette attente qui paraît interminable. Surtout lorsque nous ne savons pas à quoi nous attendre. Après avoir appelé plusieurs fois les infirmières, on vient me poser le monitoring vers 17h30. Tu fais beaucoup de ralentissements, trop. En très peu de temps. Alors le médecin vient, puis un autre, puis une ou deux sage-femmes. Elles font des aller-retour entre la salle de naissance et je ne sais où.et nous assistons à ce ballet incessants sans vraiment comprendre, ou si, nous comprenons très bien mais ne voulons pas l’admettre. Puis vint le moment fatidique. » Nous allons faire la césarienne. Bébé n’est lus en sécurité dans votre ventre, nous allons le sortir afin de pouvoir s’en occuper au mieux. » J’accuse le coup sans vraiment me rendre compte de ce qui allait se passer. A ce moment précis je ne serais dire quelles étaient mes émotions. Il y avait de l’anxiété, de l’appréhension mais aussi de la joie et du soulagement. J’allais rencontrer mon bébé, toi, avec qui j’avais cohabiter durant ces 6 mois et demi. Alors je n’aurais pas dû ressentir ça vous me direz. Peut-être mais à ce moment-là je ne pensais pas au négatif, ni aux complications qu’il y auraient pu avoir. Mais juste à notre rencontre. Je restais optimiste, comme tout au long de ma grossesse et je pense que cela à beaucoup aidé dans notre parcours.
Mais à vrai dire je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à grand chose car tout s’est enchaîné très vite. Quelques minutes après cette annonce, je suis partie en fauteuil vers le bloc et les secondes d’après j’étais en blouse sur la table d’opération. Je me rappelle avoir tremblée, de froid, de fatigue mais aussi de stress. Car je me lançais dans l’inconnu, nous nous lancions dans l’inconnu.
Après quelques péridurales ratées, une perfusion de posé et quelques autres choses pas très glamour, ton papa a enfin pu me rejoindre. Il était tout beau avec son attirail. Ca y est nous sommes prêt à t’accueillir mon amour.
18h51, te voilà mon bébé. Tu pousses un petit cri mais nous avons à peine le temps de te voir. Tu es si petit. Les larmes coulent sur nos visages, des larmes de soulagement, de stress mais aussi d’angoisse concernant la suite. Pendant que les chirurgiens me recousent, on nous annoncent ton petit poids de 980g et des 37 cm d’amour. Papa peut aller te voir un cours instants et me montre tes premières photos. On ne te voit pas vraiment avec tous ces tuyaux et ses fils mais je sais déjà que tu es le plus beau des bébés. Pour l’anecdote, la première chose que j’ai demandé à ton papa ( quand je savais que tu allais bien ) c’est si tu avais des cheveux et si tu avais la même peau mat que lui. Ça peut paraître bête mais dans ces moments-là on ne réfléchis pas vraiment.
Une fois prête, je suis amenée en salle de réveil. Où je resterait pendant 2 longues heures. On me promis que je pourrais voir mon fils ensuite. Papa est à tes côtés. En attendant, j’envois la bonne nouvelle à mon entourage, en envoyant fièrement sa première photo. Pour sortir de cette salle, je dois absolument pouvoir bouger les jambes, afin d’être sûr que l’anesthésie ce soit estompée. Alors je forçais sur mes jambes afin de pouvoir les pliées. Il fallait absolument que j’aille voir mon fils. Vers 22h, enfin, je sors de cette salle. Je rejoins ma chambre où ta mamie m’attendait, pendant que papa était encore avec toi. La sage-femme m’accueille et me dit de l’appeler lorsque je voudrais me lever. Je lui dis alors que je veux me lever de suite afin de venir à vos côtés. Elle a quand même tenue à attendre un peu. Une attente qui me parût interminable. Quand enfin je pu me lever, elle me descendit en réa-néonat. Puis je pu te toucher, dans ta petite couveuse, pour la première fois. Ce moment parût irréel. Tu te tenais devant moi, si petit, et pourtant je ne n’arrivais pas à me rendre compte de ta venue au monde. Tout est allé si vite.
Les jours d’après furent éprouvant et mes émotions étaient telles des montagnes russes. Le fait d’être entourées de mamans avec leur nouveaux-nés et de voir, tous les jours à chaque réveil un berceau vide à mes côtés était dur à vivre mais dès que je venais te voir, nous étions dans notre bulle de bonheur et plus rien n’importait. C’était nous trois contre le monde désormais.
A l’issue de se rendez-vous, nous avons appris que j’allais être hospitalisé, juste le temps d’une journée afin que l’on puisse faire des examens complémentaires et voir différents spécialistes.
Ce jour là est arrivé. Aujourd’hui je devais me faire hospitaliser. Les questions se bousculaient dans ma tête. Pour la première fois de ma vie j’allais me rendre dans une chambre d’hôpital en tant que patiente. Ton papa était à mes côtés, comme toujours. Et bien heureusement car je t’avoue que sans lui, cette épreuve aurait été bien plus compliqué pour moi. En arrivant à l’hôpital, je fus très bien accueillie par le personnel, ce qui me rassura un peu. Puis une longue attente commença. Une attente interminable sans vraiment savoir ce que l’on attendait. Puis une étudiante vient me demander quelques renseignements et me dit que des médecins allaient venir nous parler. Donc nous attendons, encore une fois. Jusqu’à ce que l’on toc à la porte. Deux femmes entrèrent dans la chambre. Une gynécologue-obstétricienne et une pédiatre. Je me rappelle m’être demandé pourquoi elles avaient l’air si fermé, comme lorsque l’on annonce une mauvaise nouvelle. J’allais très vite savoir pourquoi. Ce fût la gynéco qui pris la parole en premier. Elle nous expliqua plus en détails ce qui se passait à l’intérieur de mon corps, où plutôt ce qui ne se passait pas car les échanges avaient beaucoup de mal à se faire entre toi et moi. Tu puisais alors beaucoup d’énergie afin d’avoir assez d’apports pour survivre. Je vous avoue que je ne me souviens pas de tout ce qu’elle nous a dit. Je me rappelle juste qu’elle nous prévenait de tous les risque que l’on encourait. Toi et moi. Mais je n’entendais que ce qui te concernait, moi je passait après, tant pis si je risquait ma vie si c’est pour que toi tu puisses vivre. Vu de l’extérieur cela peut paraître bête ou cliché de penser comme ça, mais je vous assure que lorsque vous vivez ça de l’intérieur c’est vraiment ce que l’on ressent. Puis je me rappelle l’avoir entendu parler d’avortement médicalisé et cette fameuse question est arrivé comme un coup de poignard » Voulez-vous poursuivre cette grossesse sachant tous ces risques ? « . Jamais une femme ne devrait avoir à répondre à cette question. Pas à 5 mois de grossesse, pas après avoir vécu tout ce que l’on à vécu avec toi mon amour. Tu avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête et c’était à nous de décider de ton avenir. Mais la question ne s’est jamais posée, on continu. Sans l’ombre d’une hésitation c’est nous trois ou rien et nous nous battrons pour toi mon chéri. Jamais nous ne t’abandonnerons. Si l’on souhaitait continuer alors il fallait savoir qu’un foetus est viable à partir de 25sa ou 500 grammes, en dessous de ces termes les médecins ne peuvent pas intervenir. Tu ne remplissais aucunes de ces conditions. Alors après cette lourde décision que nous avons dû prendre, une autre vient s’ajouter sans nous laisser de répit. Si tu venais à naître dans les prochains jours est-ce que nous autorisons les médecins à intervenir afin de te réanimer ou alors nous te laissons partir. A ce moment-là, je me demandais comment pouvait-on passer d’une grossesse de rêve à ce cauchemar où l’on devait choisir de te faire vivre ou mourir. Mais encore une fois nous prenons la décision de tout faire pour que tu vives. Sans acharnement bien évidemment. Après tout cela, la pédiatre nous parle de la réanimation-néonatale, où tu serais emmené si l’accouchement se faisait prématurément. Elle nous explique que c’est un long parcours, parfois semé d’embûches et difficiles pour les parents. Mais nous sommes prêts à affronter tout cela si c’est pour te voir vivre.
Après ce qui me parût une éternité, l’entretien pris fin. Et puis comme les mauvaises nouvelles ne viennent jamais seules, un médecin est venu m’apprendre que j’allait resté hospitalisé jusqu’à ce que tu viennes au monde. Mais en vérité ce n’était pas une si mauvaise que ça car au moins si il arrive quoi que ce soit nous serons pris en charge très rapidement. Maintenant tout ce qui comptais pour nous était de te protéger et de t’emmener aussi loin que possible dans cette grossesse.
Le soir venu, ton papa qui travaillait le lendemain dû rentrer à la maison. Je me retrouvais seule dans ce lieu encore inconnu avec toutes ces peurs qui grandissaient en moi. Et à ce moment-là tous les mots qui ont été prononcés par les médecins remontèrent à la surface et pour la première fois j’eu peur de devoir vivre sans toi. Jusqu’à maintenant, je ne saurais dire si c’est l’adrénaline ou autre chose mais je ne m’étais jamais imaginer sans toi. Comme si je savais qu’on allait s’en sortir tous les trois, ensemble. Mais cette nuit-là, seule face à mes démons, je me mis à douter. Et je suis désolé mon bébé d’avoir douté de toi, car tu nous a prouvé par la suite que tu était un battant. Dix milles questions se bousculaient dans ma tête. Et si vraiment tu sortais maintenant ? Et si nous devions rentrer sans toi à la maison ? Et si nous te perdons, comment pourrions-nous surmonter ça ? Tout était prêt à la maison pour t’accueillir, il ne manquait que toi dans ton joli petit berceau. Puis je finis enfin par m’endormir.
Les jours qui suivent se ressemblait tous plus ou moins, un monitoring par jour et une échographie deux fois par semaine. Si ton petit cœur venait à faiblir, si tu arrêtais de grossir ou encore si les échanges se faisaient de plus en plus mauvais il faudrait alors te sortir de mon ventre. Alors chaque jour, nous espérions que tout irais pour le mieux et chaque jours qui passait était une nouvelle victoire.
A chaque monitoring, je ne pouvais faire autre chose que fixer les dessins que faisaient les battements de ton cœur, et le son régulier et rassurant résonnait dans ma chambre vide. Ce même son que j’entendais chaque soir avant de m’endormir, sans qu’il y ai de machines en route. D’ailleurs petite anecdote, chaque matin tu taquinais les étudiantes sage-femme en bougeant beaucoup, alors elles étaient obligées de rester a appuyer sur le capteur afin de pouvoir capter ton petit cœur et dès qu’elle l’avait enfin, tu repartais dans l’autre sens.
Je commençais à me faire à cette petite vie. Ton papa venait me voir tous les jours en m’apportant toujours une petite attention, comme de la nourriture ou des choses pour m’occuper. Ah oui et toutes mes affaires car comme je devais être hospitalisé qu’un seul jour je n’avais rien apporté. Et lorsque ton papa était au boulot, c’était au tour de mamie de tenir compagnie à maman. Mais le plus important dans tout ça c’est que l’on avait dépassé les 25sa et tu étais toujours au chaud ! Et ça c’était une première victoire.
Un jour un médecin vient m’annoncer que mes résultats se sont améliorés au niveau des échanges ( les dopplers en terme scientifique, et oui j’en ai appris des mots en langages de médecins ! ). Alors je pouvais sortir et rentré à la maison avec ton papa. Cette nouvelle me fit chaud au cœur car si je rentrais cela voulais dire que u n’étais plus en danger imminent. Mais je m’inquiétais quand même en me demandant comment allons nous faire si quelque chose t’arrivait, comment pourrai-je le savoir ? Mais je n’étais pas lâcher dans la nature comme ça. J’allais avoir deux rendez-vous par semaine à l’hôpital et le reste du temps une sage-femme venait à domicile pour écouter ton cœur et prendre ma tension.
Une fois à la maison je pu bien me reposer. Ton papa ne me laissait rien faire, il faisait le ménage, la cuisine et tout ce qu’il fallait faire en rentrant du travail. Et si j’avais le malheur de me lever pour l’aider il me renvoyait au lit pour que je bouge le moins possible. Il est au top ton papa.
Mais cette petite bulle de bonheur n’aura pas duré longtemps.
Ce jour-là tu es venu te nicher dans le creux de mon ventre, sans que nous le sachions encore. Quoi que… ton papa te sentait déjà, il me disait avec certitude » Je sens que tu es enceinte. » Et moi, je l’espérais si fort mais je n’osais pas le croire. Pourtant…
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Aujourd’hui, c’est avec une grande joie que nous apprenons que tu es bien là, au chaud dans mon ventre. La barre est encore très légère sur le test, alors papa ne veut pas se réjouir trop vite. Mais moi, je le sais, cette fois-ci c’est moi qui le sens. Tu es bien là aux creux de moi. Et je t’aime déjà à l’infini.
Plus tard, nous aurons le confirmation de ta présence, par une prise de sang et les nombreux autres tests que j’ai fait juste pour le plaisir de voir le + s’afficher et m’assurer que tout cela est bien réel.
Les jours et les semaines passèrent, nous t’avons vu pour la première fois à l’échographie de datation, à 8sa exactement. Tu ne ressemblais à rien de plus qu’une cacahuète mais je savais déjà que tu serais le plus beau des petits bébés. Ensuite nous te rencontrons à nouveau lors de l’échographie du 1er trimestre. Entendre ton petit coeur battre est si magique. Tout va bien, tu es en pleine forme.
De notre côté nous continuons de te créer ton petit univers à la maison et je me plais à faire les magasins pour te trouver des petits vêtements que je t’imaginais déjà porter. Pour certains il était trop tôt pour commencer à t’acheter des petites choses. Mais pour nous, c’était tout naturel. Je ne voulais pas avoir vivre dans la peur de te perdre, alors je m’armais de pensées positives et je continuais à t’acheter de belles petites choses en attendant ta venue, malgré ce que les autres peuvent dire. Chacun fait comme il le sent, et moi je sentais que je devais préparer ta venue au plus vite… Et mon instinct ne me trompais pas.
En septembre nous avons appris ton petit secret, nous allions avoir un petit garçon. Ton papa, qui le sentait, était aux anges. Il se voyait déjà t’apprendre à jouer au foot comme lui et te lire des histoires de super-héros. » Cliché » me direz-vous ? Et oui et bien que je lui ai expliqué plusieurs fois que, peut-être son fils n’aimera pas le foot et jouera à la poupée, c’était l’idée qu’il se faisait de son petit garçon. Et pourquoi pas après tout, mais bien sûr, quoi qu’il veule faire ou ne pas faire nous l’aimerons de tout notre cœur.
Ensuite beaucoup de choses ce sont enchaînés, nous avons voyagé à Bali et Maman a passé son diplôme, qu’elle à obtenue par la suite.
Tout cela me paraissait comme dans un rêve. Je vivais ma meilleure vie, mais plus pour longtemps.
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Aujourd’hui c’est l’échographie du deuxième trimestre. Tout se passe bien, bébé a deux bras, deux jambes, cinq doigts à chaque mains et 10 doigts de pieds. Nous entendons son cœur, il bat bien et nous arrivons même à voir son petit profil adorable. Il bouge beaucoup le petit coquin. L’écho est finie, nous avons le sourire et le cœur léger. Et pourtant, une fois assis au bureau du médecin, nous la voyons préoccupé. Elle nous annonce alors que bébé est petit pour son terme, ce n’était pas encore alarmant mais elle nous envoyait vers un hôpital de niveau 3, juste par précautions comme elle disait. D’accord, c’était juste une précaution, rien de préoccupant pour l’instant. Cette information ne suffit pas à faire retomber notre joie, pour moi ce n’était pas grave, à ce moment-là nous n’imaginions pas l’ampleur que ça allait prendre.
Le lendemain, l’hôpital de niveau 3 nous appela afin de convenir d’un rendez-vous au plus vite. Le jour de ce fameux rendez-vous, rien ne se passa comme nous l’avions imaginé. Nous attendions le médecin au pôle » Grossesse à haut risque « . Que ce nom faisait peur. Je voyais des dames hospitalisées en sortir puis y entrer à nouveau, et je me rappelle avoir éprouvé de la compassion pour ces femmes sans savoir que, bientôt, ça allait être moi que l’on regarderais avec ce sentiment. Lors de ce rendez-vous, c’était la descente aux enfers. Sans vraiment trop en dire, le médecin nous apprends que les échanges entre toi et moi se faisaient mal et que du coup ça te pompait plus d’énergie que la normal. J’avoue que je n’y comprenais pas grand chose mais, le regard du médecin et de son interne en disait long. Et lorsque que la phrase » votre bébé peut mourir in utero, cela arrive dans des cas comme le votre mais nous ne pouvons rien faire car vous n’êtes qu’à 24 sa » fut prononcé, tout s’écroula et nous comprenions alors que ce n’était plus une » précaution » et que le risque était bien réel et plus présent que jamais. Voilà comment ma grossesse parfaite et idyllique se transforma en cauchemar en quelques heures à peine. Mais ça ne fut que le début.