
26 Novembre 2018
De retour à l’hôpital, dans ce service que je connais si bien maintenant. Après une journée entière aux urgences, j’ai été réadmis au service des grossesses à hauts risques. Mais cette fois, j’y resterais jusqu’au bout. Lorsque je sortirais de cet hôpital, tu seras né mon bébé. J’ai beaucoup mieux vécu cette seconde hospitalisation, es-ce le fait de savoir que j’allais rester jusqu’à la fin ? Je ne sais pas mais cela fait du bien de lâcher prise et juste de te faire confiance.
Ce séjour se résumait à 2 monitoring par jour, 1 échographie 2 fois par semaines et beaucoup d’attentes. Nous savions que tu pouvais arriver à n’importe quel moment, chaque jour à mon réveil je me disais que cela pouvait être le grand jour. Tout en espérant pouvoir tenir un jour de plus.
Puis vient ce jour où tu nous fait ta première frayeur. Ton papi était venu me rendre visite, ton papa était là aussi. C’était l’heure du monitoring de l’après-midi. Tout commence bien puis un premier ralentissement cardiaque. Suivi d’un deuxième. Je connaissait ton rythme par cœur, et je savais que ce n’était pas normal. J’appelle alors la sage-femme. Je la vois décrypter ton rythme, elle ne dit rien mais je connais que trop bien cet air. Celui qui veut dire que quelque chose ne va pas. Suivi d’un » je vais appeler un médecin, je reviens tout de suite. » Je ne cède pas à la panique, je m’étais préparée à ce que l’on me dise que c’était le moment. Ton papa était très calme, ton papi ne disait rien mais le connaissant je savais qu’il n’étais pas vraiment à l’aise. Ce que je pouvais comprendre. La sage-femme revient avec un médecin, après de longues minutes d’attentes à essayer de déchiffrer leurs expressions, la nouvelle tombe. Je vais descendre en salle de naissance. Mais cela ne veut pas dire que je vais accoucher aujourd’hui, nous allons continuer le monitoring et tout en m’injectant je ne sais plus qu’elle produit. A ce moment-là une armée d’infirmières rappliquent dans ma chambre et me triturent un peu de tous les côtés. Puis ils m’emmènent au niveau -1 afin de m’installer en salle de naissance.
Papi est parti, papa est toujours à nos côtés. Maman n’a pas le droit de manger. Le monitoring en place, tout se passe bien. Je reste quand même la nuit en bas et on me remonte dans ma chambre le lendemain.
Les journées continuent de passer et tu fais un peu plus de ralentissements chaque jour. On me redescends en salle de naissance toute une journée. Mais on me remonte une fois encore. Nous sommes maintenant passé à 3 monitorings par jour.
Puis un vendredi matin, au premier monitoring, tu refais des petites frayeurs. Jamais deux sans trois comme on dit, on redescend en salle de naissance. Je préviens papa, tout en lui disant de ne pas s’inquiéter, que c’était sûrement rien, comme les autres fois. Mais il tient à être là et pars du boulot pour nous rejoindre au plus vite.
De mon côté j’attends. Je n’ai pas le droit de manger et j’ai du mal à dormir. Alors je regarde des vidéos et attends tranquillement. Quand ton papa arrive enfin, vers 11h. Toujours pas de nouvelles du personnel médical.
Ce qui est marrant c’est que nous sommes dans la salle de naissance nommé « Bali », là où nous étions lors de ma grossesse. Un signe ?
A 15h, toujours pas de nouvelles, moi je n’ai toujours pas mangé et je n’en peux plus de cette attente qui paraît interminable. Surtout lorsque nous ne savons pas à quoi nous attendre. Après avoir appelé plusieurs fois les infirmières, on vient me poser le monitoring vers 17h30. Tu fais beaucoup de ralentissements, trop. En très peu de temps. Alors le médecin vient, puis un autre, puis une ou deux sage-femmes. Elles font des aller-retour entre la salle de naissance et je ne sais où.et nous assistons à ce ballet incessants sans vraiment comprendre, ou si, nous comprenons très bien mais ne voulons pas l’admettre. Puis vint le moment fatidique. » Nous allons faire la césarienne. Bébé n’est lus en sécurité dans votre ventre, nous allons le sortir afin de pouvoir s’en occuper au mieux. » J’accuse le coup sans vraiment me rendre compte de ce qui allait se passer. A ce moment précis je ne serais dire quelles étaient mes émotions. Il y avait de l’anxiété, de l’appréhension mais aussi de la joie et du soulagement. J’allais rencontrer mon bébé, toi, avec qui j’avais cohabiter durant ces 6 mois et demi. Alors je n’aurais pas dû ressentir ça vous me direz. Peut-être mais à ce moment-là je ne pensais pas au négatif, ni aux complications qu’il y auraient pu avoir. Mais juste à notre rencontre. Je restais optimiste, comme tout au long de ma grossesse et je pense que cela à beaucoup aidé dans notre parcours.
Mais à vrai dire je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à grand chose car tout s’est enchaîné très vite. Quelques minutes après cette annonce, je suis partie en fauteuil vers le bloc et les secondes d’après j’étais en blouse sur la table d’opération. Je me rappelle avoir tremblée, de froid, de fatigue mais aussi de stress. Car je me lançais dans l’inconnu, nous nous lancions dans l’inconnu.
Après quelques péridurales ratées, une perfusion de posé et quelques autres choses pas très glamour, ton papa a enfin pu me rejoindre. Il était tout beau avec son attirail. Ca y est nous sommes prêt à t’accueillir mon amour.
18h51, te voilà mon bébé. Tu pousses un petit cri mais nous avons à peine le temps de te voir. Tu es si petit. Les larmes coulent sur nos visages, des larmes de soulagement, de stress mais aussi d’angoisse concernant la suite. Pendant que les chirurgiens me recousent, on nous annoncent ton petit poids de 980g et des 37 cm d’amour. Papa peut aller te voir un cours instants et me montre tes premières photos. On ne te voit pas vraiment avec tous ces tuyaux et ses fils mais je sais déjà que tu es le plus beau des bébés. Pour l’anecdote, la première chose que j’ai demandé à ton papa ( quand je savais que tu allais bien ) c’est si tu avais des cheveux et si tu avais la même peau mat que lui. Ça peut paraître bête mais dans ces moments-là on ne réfléchis pas vraiment.
Une fois prête, je suis amenée en salle de réveil. Où je resterait pendant 2 longues heures. On me promis que je pourrais voir mon fils ensuite. Papa est à tes côtés. En attendant, j’envois la bonne nouvelle à mon entourage, en envoyant fièrement sa première photo. Pour sortir de cette salle, je dois absolument pouvoir bouger les jambes, afin d’être sûr que l’anesthésie ce soit estompée. Alors je forçais sur mes jambes afin de pouvoir les pliées. Il fallait absolument que j’aille voir mon fils. Vers 22h, enfin, je sors de cette salle. Je rejoins ma chambre où ta mamie m’attendait, pendant que papa était encore avec toi. La sage-femme m’accueille et me dit de l’appeler lorsque je voudrais me lever. Je lui dis alors que je veux me lever de suite afin de venir à vos côtés. Elle a quand même tenue à attendre un peu. Une attente qui me parût interminable. Quand enfin je pu me lever, elle me descendit en réa-néonat. Puis je pu te toucher, dans ta petite couveuse, pour la première fois. Ce moment parût irréel. Tu te tenais devant moi, si petit, et pourtant je ne n’arrivais pas à me rendre compte de ta venue au monde. Tout est allé si vite.
Les jours d’après furent éprouvant et mes émotions étaient telles des montagnes russes. Le fait d’être entourées de mamans avec leur nouveaux-nés et de voir, tous les jours à chaque réveil un berceau vide à mes côtés était dur à vivre mais dès que je venais te voir, nous étions dans notre bulle de bonheur et plus rien n’importait. C’était nous trois contre le monde désormais.